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lux harmonium / soap and silk + XVI.I

mardi 16 juillet 2013, par denis

Une nouvelle fois, chez Static Caravan, l’artisanat tutoie l’art.
Lux Harmonium est d’un autre temps. De l’époque pré-numérique. D’un temps, où les artistes prenaient le temps de déployer un morceau sur la longueur, de délier les phrases et les mélodies. Ainsi, l’Anglais transgresse les normes en vigueur aujourd’hui en dotant ses chansons d’une introduction, en alternant quelques couplets lumineux et un refrain avant de laisser enfin les doigts courir sur le manche de la guitare. Les chansons de Lux Harmonium commencent ainsi dans le terreau fertile d’un folk pastoral d’obédience classique (si tant est que John Fahey soit enfin reconnu à sa juste valeur et que Robert Wyatt ne soit jamais oublié) avant que le discret jeune homme n’emmène la mélodie ailleurs. Avant que sa musique ne s’échappe, parte fureter au gré de ses humeurs moroses. Les droits de synchronisation et les gimmicks accrocheurs, Luke Jones n’en a cure. D’ailleurs à l’heure de la dématérialisation, lui se permet de sortir deux chansons à la classe immaculée sur un single vinyle 7", accompagné par un album entier en CD – un acte de bravoure anti-mercantile déjà mis en pratique par The Declining Winter, bafouant là les codes encore en vigueur dans la mourante industrie du disque. Rien que pour cela, Lux Harmonium mérite une affection sans bornes. Mais plus encore, ce sont bien ses chansons qui méritent l’attention de ceux qui recherchent l’émotion.

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