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young magic / melt

[carpark/la baleine]

dimanche 5 février 2012, par denis

Mouvement virtuel, addition d’individualités aux styles différents, étiquette commode pour bloggueurs, la "chillwave" érige le recyclage en tendance musicale. Par facilité et à défaut de meilleur qualificatif, Young Magic est pointé sur la liste aux côtés de Toro Y Moi, Memory Tapes, Washed Out et consorts. Il faut dire qu’avec un patronyme prêtant à confusion (on ne dénombre plus les groupes qui s’appellent Young Truc ou Machin Magic) et une identité visuelle floutée, le groupe brouille les pistes. D’ailleurs, derrière Young Magic se cache le seul Isaac, musicien migrateur qui préfère manifestement l’anonymat. Pour ce premier album, il a emmené son studio portable aux quatre coins du globe, enregistrant avec les amis croisés sur place, saisissant l’instant selon l’humeur du moment (le cri d’enfants dans la rue, la rumeur de la foule, …). Derrière le vernis de la production, Melt compile les cartes postales sonores – dont les plus idylliques ont déjà été postées via deux singles 7" avant-coureurs. Rien d’étonnant que sur la longueur de l’album, l’inspiration se fasse la malle. Après Sparkly et Slip Time, bricolages psychédéliques qui tentent d’éluder la frénésie urbaine, le baladin australien use des mêmes artefacts qu’Animal Collective, convoquant rythmique tribale et harmonies vocales sous ecstasy. Il empreinte aussi des influences sud-américaines à Helado Negro et s’acoquine à Tanlines sous le soleil des Caraïbes. De retour à New-York ("the place to be" en la matière), le jeune homme s’enfonce progressivement dans un mantra sonore vaporeux. Du groove poisseux de Yalam, en passant par les cris effrayants de spectres sous anxiolytiques (The Dancer), les fils se dénouent. Ne flottent plus à la surface que des lambeaux de mélodies, quand Drawning Down The Moon se perd dans les limbes des souvenirs au gré d’une pluie carillonnante. La somme de ces anecdotes et influences constitue le trépidant récit du tour du monde d’un geek contemporain.

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