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expérience / nous (en) sommes encore là
experience
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[boxson/discograph]
jeudi 8 décembre 2005.
Quelle meilleure introduction pour un album de 15 reprises que d’ouvrir avec une reprise de Public Enemy, claustrophobe, butée, manifestement braque ? Loin de tout exercice mercantile ou vile démarche promotionnelle, Experience ne déroge pas à sa ligne de conduite sans équivoque et trace le contour de son cercle d’amitiés musicales. Alors inutile de chercher parmi les artistes ici mis à l’honneur une quelconque faille éthique : Public Enemy, Pussy Galore, l’extrémiste Costes, Shellac, Public Enemy (pour une reprise de reprise de This Is Not A Love Song un peu boiteuse)... Autant d’artistes qui n’ont jamais brillé pour leur légèreté de ton, leur aptitude à faire chalouper les bassins le sourire aux lèvres. Non, le groupe de Toulouse se reconnaît plutôt des affinités avec des artistes qui s’écoutent passablement fâchés : on n’a jamais vu quelqu’un rigolé en écoutant Qu’est-ce Qu’on Attend ? de Supreme NTM ou Le Brouillard de Mendelson. Pour se sortir des risques du petit jeu de ping-pong transatlantique disputé au long des 15 morceaux piochant dans des morceaux en français et en anglais, Experience opte pour la francisation de certaines compositions, comme I See A Darkness de Bonnie Prince Billy devenue Sombre. Choix artistique périlleux (certains intégristes vont s’en étrangler d’indignation) mais qui fonctionne bien mieux que la reprise de Soul Coughing en langue originelle, qui sied moins bien à Michel Cloup. Certes, Experience n’échappe pas complètement à l’écueil que constitue l’exercice de l’album de reprises (par exemple, la version pas fameuse de Collect The Diamond de Q And Not U ou pire encore les 40 secondes censées d’honorer Ol’ Dirty Bastard), mais réserve de très bons moments. ![]() |
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