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[matamore/cod&s]
& [unique/la baleine] lundi 14 novembre 2005.
Double actualité pour Half Asleep : le projet musical de la jeune belge Valérie Leclercq voit son deuxième album réédité, et son nouvel album paraître à quelques semaines d’intervalle. Un premier ep-cdr de 8 titres avait vu le jour chez Another Record assez vite après la naissance de ce projet musical (pendant l’automne 2002). Puis ce premier jet avait été complété d’un album en cdr, Just Before We Learned To Swim, chez Hinah (édité à 50 exemplaires). C’est ce dernier qui fait l’objet d’une réédition aujourd’hui via la structure belge Matamore Recordings. Mis en forme dans un beau packaging cartonné (les dessins sont signés par Valérie), Just Before We Learned To Swim (un titre en clin d’oeil au Music For A Sinking Occasion de L’Altra et au Sinking Ship Song de Matt Elliott ?) a subi une nouvelle masterisation. En dehors de ce travail, rien n’a changé : ces neuf titres, enregistrés au minidisc dans une même pièce, comme oubliés par le temps et laissés pour compte, impressionnent par l’acoustique qui les définit - réverbérante mais sèche, folk et dure -. Guitare et piano, quelques fantômes de batterie, et le chant grave, cassé, de Valérie Leclerc en sont les seuls ingrédients. Les deux premiers morceaux nous renvoient à Matt Elliott, dont on aurait adouci la complainte en la délayant dans la mélancolie blafarde de Bristol, celle du feu-label Planet (Crescent, Movietone). Il y a ensuite ce Yellow Neck à la guitare simple, où le chant monte enfin dans les aigus et se double : frissons garantis. Le piano redevient la pièce centrale : désespérante mélodie de Washing Machines, emballé par une batterie lointaine, puis fine esquisse et base d’un jeu de voix plein de douceur (Tu Sens Le Sommeil Et Les Larmes) sur les traces de Sylvain Chauveau. Un peu de flûte sur & Other Stories... renouvelle l’air et accorde une touche plus romantique. Un premier album prostré, crépusculaire.
Qui s’accompagne d’un petit frère - décidément, l’automne est une saison qui réussit bien à Half Asleep. C’est cette fois la structure toulousaine Unique Records qui s’est laissé conquérir par cette musique vénéneuse, tentant ainsi le jumelage avec le ciel laiteux de Belgique : voici (We Are Now) Sitted In Profile, deuxième album d’Half Asleep. D’emblée, le son a changé, aidé par Gilles Deles de Lunt : il est plus profond et s’est étoffé (melodica, trombone, basse...). Quant à la musique d’Half Asleep, elle est plus engagée, plus fiévreuse, plus rentre-dedans. Elle est ainsi moins ascétique et moins contemplative qu’avant. En introduction, We used Yo Fear Your Voice ajoute, à un chant plus assuré et à des accords de piano martelés, le souffle chaud d’un trombone pour un résultat qui évoque toujours autant le folk balkanisant de Matt Elliott. ¼ surprend ensuite : sa boucle de piano et sa rythmique de batterie renvoient plus directement au post-rock, et là encore au pense à l’artiste précédemment cité. D’Invisibles Courtisans s’éloigne davantage de cet univers pour accoster des territoires calmes et bucoliques (quelques notes de glockenspiel égayent le morceau), que des chants mélangés parsèment d’étrangeté, puis Marie1 & Marie 2 offre de beaux mouvements de piano, façon Tiersen. Plus doux, Microwaves associe une basse, un guitare et deux chants féminins pour un résultat empreint de douceur. Le piano grandiloquent s’ébroue et ses accords se mélangent (I’m Watching Tv...) ; Morning Dust Soon arrive : le morceau le plus doux, à la guitare presque guillerette, étonne presque et c’est bien le seul écart que se permet ce (We Are Now) Seated In Profile parfaitement claustrophobe. Puis viennent le morceau récapitulatif (Fingers Are Fork) et la fuite légère (La Fin...). Valérie se lève, quitte son piano noir. On s’en est sorti pour cette fois. Ouf, on respire. La prochaine écoute sera sans doute plus difficile. ![]() |
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![junior boys [eng]]( IMG/arton1135.jpg)