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[carte postale records/cod&s]
mercredi 19 octobre 2005.
Le premier opus de Silencio, identité musicale du fondateur d’Eglantine Records (parue chez Grand Téton), nous est inconnu. Abordé précédemment seul, Silencio est devenu duo. L’arrivée d’un second musicien a évidemment modifié la donne : selon leurs dires, la de Silencio y aurait gagné en mélodies. Grünezeit nous dévoile un univers familier fait de paysages sonores flottant, pas tout à fait immobiles mais néanmoins ambiants, parfois un brin post-rock. On y trouve des bruits familiers et quotidiens (voix, piaillements d’oiseaux, vent et bien d’autres enregistrements aériens), surtout de la guitare et du piano, un peu de glockenspiel, du violon... Les instruments sont noyés dans une atmosphère, comme mis en scène. Chacune des neuf longues compositions se développe lentement et dégage une atmosphère particulièrement forte : mélancolique, douce, lascive, apaisante. Il y a beaucoup du Labradford là-dedans : le côté ambiant aquatique, cérébral, détaché et voyageur, mais aussi du Matt Elliott : les notes déchirantes, la mise en place mélodique. On pense à Brian Eno, Flying Saucer Attack, Dead Texan, Pan American ou Loscil. De belles références, bien maîtrisées. En quatrième position, Tumbleweed donne une teinte plus sombre et élargit la palette avec sa rythmique mécanique ; Sleep It Off nous emmène plus loin flirter avec des claviers angéliques. Le traumatique The Day You Died en fin de course change le canevas structurel des compositions de Silencio en ne trouvant sa vitesse de croisière qu’à mi-course et clôt Grünezeit sur une touche plus intime. Malgré sa production parfois perfectible, ce deuxième disque de Silencio nous ravira, fans que nous sommes de voyages sonores, contemplations mélancoliques et introspections hivernales. Et, on l’espère, augure de futurs plus personnels encore. ![]() |
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