crescent / by the roads and the fields

crescent / by the roads and the fields

bifurcations
 
 


platine

toro y moi / causers of this the lucy show / ...undone nest / retold the go find / everybody knows it’s gonna happen only not tonight
[fatcat/pias]
2003.
 
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Au milieu des années 80, la scène indépendante de Bristol ne s’exportait que par son trip-hop. Pourtant, la ville au pont des suicidés recelait de bien d’autres musiques, il est vrai autrement moins fréquentables. Dans cette scène post lo-fi, qui partageait bien ses membres au sein des différents combos, Flying Saucer Attack et Third Eye Foundation devaient faire figure d’exception à l’export : Amp, Movietone ou Crescent restèrent sur la touche. J’avais découvert ces derniers (en fait, le travail presque exclusif de Matt Jones) lors de la publication du troisième album Collected Songs, en 1999 : des morceaux saisis à vif, comme à l’intérieur d’une chambre, convoquant sur des rythmiques brinquebalantes de krautrock des éléments de jazz, d’éparses sonorités organiques abrasives, et une saisissante voix post-Joy Division (celle de Jones, donc). Cela avait été une rencontre très percutante pour moi, et le disque était devenu l’ami fonctionnel de moments glauques. Avec By The Roads And The Fields, Crescent reprend les choses où Collected Songs les avaient laissées : à l’essentiel.

Quelle idée bizarre - et pourtant réconfortante - de revenir aujourd’hui. Après toutes ces années d’absence. Cette nouvelle aventure est un peu plus riche (il semblerait qu’on ait doublé le nombre de pistes, pour en arriver à huit) : dans sa maison, Jones a mélangé une batterie détérrée à l’occasion, des percussions tout aussi cassées, quelques trompettes Hoodiennes, des orgues grinçants façon Suicide ou plus psychédéliques façon Silver Apples, et sa voix atonale et distante. Il y a dans By The Roads And The Fields autant de Can que de John Cale ou de Leonard Cohen. L’ensemble est plus gai (c’est très relatif) que Collected Songs ; certains morceaux ont cette incapacité à choisir leur humeur qui offrait tant de charme aux complaintes de Talk Talk, Bark Psychosis et autres Disco Inferno. Ainsi, toujours ancré dans sa Planet Bristol, Crescent vient faire livrer ici de quoi alimenter des centaines de nuits de malheur à venir de ses ondes à la tristesse insondable.



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