beneva vs. clark nova / dramadadatic

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platine

working for a nuclear free city / jojo burger tempest nacho umbert & la compañía  / ay... electric sunset / s/t the poison arrows / newfound resolutions
[how is annie/fenêtre records]
mercredi 17 février 2010.
 
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Mon premier est Frank Benjamin Finger dit Beneva, auteur solitaire des déambulations électro-acoustiques façon apestaartje de Woods Of Broccoli. Mon second est Rudi Simmons dit Clark Nova. A quatre mains habiles et deux esprits espiègles, ils ont composé ce Dramadadatic, joli condensé d’électronica imprévisible et multidirectionnelle, déraisonnable et mélodique. L’introductif A Schlemihl and Human Yo Yo démontre en deux minutes que ce tandem norvégien ne se prend pas au sérieux : une boucle de guitare échappée du Pause de Four Tet se trouve bien vite laminée par une rythmique chamboule-tout et distordue, pour un résultat quelque peu foutraque. Passé ce bref épisode perturbateur, le duo rivalise avec le porté disparu Dialect, projetant son Elevator Shoes dans les hautes sphères d’une électronica intense, mi-futuriste, mi-organique.

Conciliant soif de bidouillages et appétit mélodique, l’électronica des deux hommes rappelle souvent celle de Minotaur Shock : en témoignent la folktronica ludique et sautillante de By Analogy, Apocheir, les beats cisaillés sur fond de pulsation tech-house de Once Youth With a Crispy Beard, ou ceux plus crunchy et syncopés de Dog Does Eight Impersonations, où s’entrelacent en permanence boucles guitaristiques, senteurs synthétiques et samples vocaux frelatés (émanant d’un poste radio ou de gorges d’enfants placés sous assistance respiratoire !). Si les synthés en mode arpeggiator de Koala Sideburns nous rappellent avec plaisir les plus belles plages d’Outputmessage, l’électronica miniature de Travail Le Fleur, avec ses voix enfantines serinant « ti chien, pas gentil », évoque autant les premières heures de Static Caravan que l’humeur printanière de Bacanal Intruder. Jusque dans le choix des titres, ces âmes espiègles aiment mixer les genres (Inside His Vagina), opposer la douce folie de beats qui ne tiennent pas en place et la douceur de lignes mélodiques tracées au piano et au clavier duveteux.

Par ailleurs, les rythmiques virent breakbeat, se font plus abrasives et claquantes, contribuent à faire de Turning More Zebra-like la BO d’une course poursuite, sont prises de crises d’épilepsie, galopent après des synthés vrille-ciboulot goutant aux joies de la Game-Boy (Silenzio Stampa et ses voix liquéfiées d’extra-terrestres), et offrent un final vicié et vrillé, agrémenté de textures plus denses et saturées, pour mieux chuter sur un édredon de nappes flutées et ailées (Quick Thinking Inmates).

Dans Dramadadatic, il y a Dada et tout ce qui s’y rattache : l’irrévérence, la légèreté, la liberté, la dédramatisation par le biais de la dérision.



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