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bifurcations
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[flaü/mochi mochi]
jeudi 21 janvier 2010.
Voilà huit ans que Kristian Peters alias Novisad n’avait pas donné de nouvelles, et à peu près autant qu’il collecte des samples de guitare, matière première constitutive de ce Funkel régi par la loi des boucles. Plutôt vulnérables que rigides, plus floues que mécaniques, ces boucles traitées s’enchevêtrent avec une certaine économie, et parviennent à instaurer une sensation de flottement dans chacune des 18 vignettes. En dépit d’une palette sonore peu variée et rarement étoffée, l’envergure du spectre manipulatoire autorise la fluctuation des climats, évite la monotonie. Tandis que Song 2 et Untitled 2 conservent la naturalité des instruments impliqués (piano électrique et guitare acoustique intactes forment des boucles entraînant dans leur sillage un léger souffle vinylique), Untitled 1 et Tokimeki Pingpong font la part belle aux sonorités cristallines et purement synthétiques, dessinant des ondes sinusoïdales dépourvues d’attaque. Mais la majorité des titres évoluent quelque part entre ces deux antipodes, mêlant sources acoustiques et électroniques, floutées par un gommage numérique, étirées en lignes horizontales flirtant avec les recoins ambient du foyer 12k (Song 1, Untitled 3, Raindrops, Yappari). Dans cet espace dédié à la rêverie, Restspielzeit arbore des atouts mélodiques aussi séducteurs que ceux développés par F.S.Blumm ; Untitled 9 laisse une rythmique sommaire et évasive bercer des entrelacs de piano aquatique (comme si le Cue d’Andrew Pekler se noyait en eaux troubles), et le final Abbild dégage un parfum d’exotisme, distille une mélodie insulaire et paradisiaque, sous forme de rumba résiduelle, freinée et filtrée de manière telle qu’on croirait l’écouter l’oreille collée à un coquillage. De quoi joliment refermer cette parenthèse apaisante et songeuse. ![]() |
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