peter broderick & machinefabriek / blank grey canvas sky

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bifurcations
 
 
 


platine

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[fang bomb/a-musik]
vendredi 15 janvier 2010.
 
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Déjà en solitaire, Peter Broderick montrait quelques prédispositions à plonger dans les méandres d’une ambient quelque peu expérimentale, donnant des allures de Floatement à des pièces prenant d’ordinaire racine dans le folk et le néo-classique. Quoi de plus naturel donc que de le voir s’associer avec l’ultra-prolifique et captivant faiseur d’ambiances qu’est Machinefabriek.

Et autant dire que cette association de bienfaiteurs qui semble couler de source fonctionne à merveille, le piano minimal et le violon élégiaque de Broderick épousant parfaitement les formes lointaines et délicates dessinées par Rutger Zuydervelt, impressionnant de retenue lorsqu’il s’agit de délivrer des drones organiques (liturgiques sur Kites, symphoniques partout ailleurs), de broder des textures fugaces et fuyantes, tantôt crépitantes et froissées (Departure), tantôt brouillées et vacillantes (Homecoming, où la main pianistique est passée à Nils Frahm), mais toujours mouvantes. Sur Planes, tandis que les cordes demeurent évasives et aériennes, une voix séraphique au rôle purement sonore s’invite et le piano se montre un peu plus éloquent, faisant ainsi l’éloge de la fugue selon Max Richter, mais dans un décor plus impalpable encore.

Rejoignant les formats plus traditionnels de la chanson intimiste, Rain flotte néanmoins dans un bain de textures délicates mêlées au clapotis d’une pluie fine : des arpèges de guitare y sont d’abord répétés à l’envi, évoquant la douce naturalité d’un Mountains qui avancerait au ralenti, puis mutent en une folk-song assoupie chantée par un double-mixte d’abord humain, puis véritablement fantomatique.

Du haut de ses 14 minutes, la pièce Blank Grey se veut à la fois maîtresse et déstabilisante : tandis que piano et harmoniques de guitare délivrent une mélodie désespérée, hypnotique et vaguement anxiogène, Machinefabriek vient cravacher la quiétude qui régnait jusqu’alors, la malmenant à grand renfort de parasites chaotiques et d’interférences radiophoniques concassées. L’effet de surprise saboteuse passé, cette étrange alchimie ravit et évolue. Guitare et piano s’agglomèrent en un réseau dense et tremblotant, qui soudain s’éteint pour déboucher en zone désertique, où piano traité et artefacts sommaires exhument les travaux d’Alva Noto et Ryuichi Sakamoto, dans une version toutefois moins clinique et animée par le brouhaha d’une foule grossissante. Certes étrange, mais résolument beau, à l’instar de tout le reste.



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