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[thrill jockey/pias]
mercredi 6 janvier 2010.
En activité depuis une bonne dizaine d’années, le trio autichien Radian s’est montré aussi inhospitalier que fascinant, et ce pour les mêmes raisons, à savoir l’austérité qui va de pair avec un parti pris assez radical les emmenant dans des expérimentations cliniques parfois sévères, et la précision chirurgicale avec laquelle ils échafaudent des ambiances urbaines au pouvoir magnétique manifeste. Sur l’introductif Git Cut Noise, parfait exemple d’inhospitalité, Radian joue avec les extrêmes et les nerfs, alterne décharges foudroyantes et noisy (Sonic Youth et la clique Mégo dans un même défouloir) avec accalmies qui laissent à entendre le ronronnement d’amplis poussés dans le rouge, et une section rythmique sur la défensive. Cette mise en bouche déroutante avalée, on retrouve le trio qu’on avait laissé à son Juxtaposition, attaché à sculpter des ambiances résolument urbaines et vespérales, totalement captivantes, où s’entrecroisent textures d’arrière-plan, bruits blancs, impacts métalliques, larsens contrôlés et segmentés, le vibraphone sporadique et le jeu rythmique au raffinement exemplaire de Martin Brandlmayr. Un agencement qui débute vers un hybride de musique concrète et de jazz épuré, ascétique et mathématique, pour dériver vers un post-rock gratte-poil, qui parvient sans peine à évoquer ce qu’il cherche à dépeindre (City Lights en l’occurrence). Même lorsque les percussions se font plus lourdes et partiellement distordues, les guitares plus incisives et agressives au point de vous sauter à la gueule (Kinetak), Radian opère de manière distinguée. Il se laisse aller vers des formes libres et divagantes, où les roulements de cymbales et les cisaillements numériques façon Alva Noto prennent le pas sur les figures géométriques (Git Cut Derivant), où les textures se font orageuses, les guitares abrasives et dissonantes, malmenant et densifiant dans un même élan un Chimera qui cache en son sein une ode au silence, où une guitare sèche comme un reg s’exprime sur un mode éminemment contemplatif. Mais le clou ensorceleur reste le caudal Subcolors, qui figure parmi les plus belles pages écrites par Radian, où programmations rythmiques et fûts balayés avec autant de dextérité que de vivacité s’organisent en un réseau multi-dimensionnel d’une rigueur sans faille, où guitares Fennesziennes manipulées et vibraphone s’incrustent pour tracer des lignes mélodiques inattendues car inhabituelles. ![]() |
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