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bifurcations
him
hip hip hip
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[hip hip hip/import]
dimanche 27 décembre 2009.
Attention à toi, fan inconditionnel de la neurasthénie de Codeine, de l’aridité de Rex, de al souplesse rythmique de Mice Parade ou de l’implacable rigueur de June Of 44 : le nouvel album de HiM n’a aucun rapport avec le passé musical de Doug Scharin. Si HiM est bien présenté comme le projet mené par le batteur des groupes cultes précités, les accointances avec la scène slow-core ou math-rock américaine sont minces sur ce nouvel album (le 7éme ou à peu près). Groupe à géomètre très variable, Scharin de nouveau épaulé par son compagnon de longue date Josh LaRue s’est comme sur XXX entouré de musiciens japonais... Mais, malgré cette présence, un enregistrement pour partie fait à Tokyo et son titre japonais, ん n’est pas vraiment orientalisant. Non, l’influence la plus prégnante est à chercher du côté des Caraïbes, voire même parfois aux racines de l’Afrique, du dub ou encore de la scène free-jazz. ん est donc un album hautement dépaysant et qui met, bien évidemment vu l’instigateur du projet, le travail sur les rythmes à l’honneur. D’ailleurs sur Creode, le morceau d’ouverture, deux batteries se répondent tandis que les guitares égrènent des notes le long d’une spirale ascensionnelle et que le chant distille une chaleur tropicale. Un métissage particulièrement réussi entre Tortoise, Fela Kuti, des influences de musique traditionnelle asiatique : c’est à la fois suave et hypnotique. Parfois, l’album prend une tournure plus électronica, qui avec le chant féminin peut rappeler les vignettes mélancoliques de la japonaise Tujiko Noriko ou Piana. Mais HiM est bien passionnant quand les influences sont brassées, que le rythme renvoie à la biguine, que le chant offre un tour du monde et que les rythmes s’embrasent dans de spirouettes d’une folle inventivité (Abstract Ladder). Ou encore avec le très long morceau Those Who Say qui s’envole dans un exercice digne du jazz le plus passionnant, celui où l’émotion et l’abandon des corps tordent le cou aux démonstrations techniques et plans calculés, avec une orchestration foisonnante (section cuivres, congas, marimbas, flute, etc.). Plus loin, c’est une guitare électrique au son bien métallique qui se greffe sur une rythmique math-rock (The Hidden Persuader), alors que Makossa For Makossa est mu par une rythmique incroyable (une nouvelle fois avec deux batteries) tout en laissant discuter marimbas et guitares. Alors même si quelques mariages contre-nature sont moins réussis (en particulier l’insupportable Clues To The Roots), ん est un album foisonnant, véritable invitation à la découverte, comme les indispensables albums de Helado Negro et Extra Golden. ![]() |
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