melorman / out in a field & ard bit / spanon

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[symbolic interaction/import]
lundi 23 novembre 2009.
 
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Projet solitaire du grec Antonis Haniotakis, Melorman sera passé par diverses cases netlabels avant d’attirer l’attention du label nippon Symbolic Interaction, lequel se charge aujourd’hui de lui offrir sa première sortie physique.

Partisan d’une électronica downtempo, à la fois réconfortante, duveteuse et teintée d’innocence, Melorman mêle avec fluidité sonorités cristallines, nappes ouatées et rythmiques avenantes pour mieux prendre rendez-vous avec notre enfance, ou tout au moins avec une époque où nous découvrions, l’oreille vierge et ébaubie, les bulles synthétiques d’ISAN. Si l’usage de sonorités vintage embuées de nostalgie (Watercicle) et le caractère ample et azuré de 5’O Clock Spring Time tracent des liens de parenté ténus avec Boards of Canada ou Ulrich Schnauss débutants, la filiation la plus légitime est à établir avec le français Saycet.

Toute considération généalogique mise à part, Out In A Field n’est que douceur, et la voix d’Helen Day, haut perchée, là sur un nuage, détachée du réel, se prêtant sans broncher à toute transmutation onirique, ne fait qu’accentuer cette impression de bienfaisance. Dans ce recueil d’électronica option berceuse, seul le caudal Tell Me More Stories ouvre de nouvelles perspectives, propices à attirer l’attention de Ninja Tune, cette maison friande d’abstract hip-hop duveteux, impliquant samples de cordes et boucles de guitares ensoleillées.

Si Melorman a des atouts séducteurs à faire valoir auprès des rêveurs tranquilles, les amateurs d’accidents et d’âpreté pourront avantageusement se pencher sur le cas Ard Bit.

Moins exposé au rayonnement solaire que son collègue grec, Ard Janssen dit Ard Bit vit à Rotterdam. Et les (ré)percussions de cette implantation géographique sur sa musique sont nettes : sa vision de l’électronica est plus torturée, urbaine et véhicule une forme de menace. Même mélodies néon et balayages de nappes enveloppantes renvoient aux chapelles u-cover et Neo Ouija, les ambiances sont plutôt tournées vers la fiction et le futurisme, pas très loin d’un dubstep qui aurait grandi au milieu du béton et des cités industrielles (Spanon, Metric Bate, Satch, leurs remous de basses élastiques et ronronnantes).

Comme chez ses compatriotes Funckarma, les rythmiques sont sèches, métalliques, proéminentes, copieuses en glitchs cisaillants, compactes et musclées (Bongite), uptempo et chahutées par la rugosité de nappes synthétiques (Klint), lentes et métronomiques, comme pour mieux mimer la progression hésitante d’un robot sur le déclin (Dvil et ses basses grassement appuyées). Adepte de la complexité mathématique, Ard Bit s’en va également fouiner dans les angles obtus et cliniques d’Aphex Twin et Autechre (Toy). Et en ces circonstances alambiquées et déshumanisées, Ard Bit aurait choisi de s’orthographier Hard Beat, on n’aurait rien trouvé à y redire.



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