at swim two birds / before you left

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[vespertine & son/import]
dimanche 9 août 2009.
 
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Dès les premières notes, les paroles égrenées d’une voix profonde sans la moindre instrumentation, la mémoire nous revient, faisant ressurgir le souvenir du premier album de RPM Quigley.

C’était il y a 1995 années, autant dire une éternité au regard de l’hémorragie des productions actuelles. Certes depuis l’anglais a signé plusieurs disques sus le nom de The Montgolfier Brothers avec son compère Ben Tanmer (les férus de 7" produits par les micro-labels anglais des années 90 se rappelleront que celui-ci a signé quelques saynètes instrumentales sous le nom de Gnac). Beau succès d’estime. En revanche les deux précédents albums de At Swim Two Brothers, nom choisi pour la résurrection musicale de Quigley, seront complètement passés inaperçus (Quigley’s Point en 2003 et Returning To The Scene Of The Crime... en 2007 pourtant paru sur Green Ufo’s).

Before You Left ne devrait (malheureusement) pas changer grand chose à la donne, malgré les talents d’écrivain pop que montre encore ici l’anglais. D’abord, après une courte introduction a capella, on craint qu’il ne sombre dans le misérabilisme, avec I Must Be Losing You qui ressemble à une ultime supplique. Cela aurait pu être légitime, mais Quigley réfute l’accablement, écarte le renoncement, et l’album prend une orientation plus pop, avec notoirement Let Her Go, sommet de grâce mélodique. Sur une musique composée par Martin Rebelski ’déjà croisé sur scène avec les Doves), le chant de Quigley s’enroule autour d’une belle mélodie, ourlée de délicats arrangements de cordes et rehaussé d’un très discret traitement électronique, avec des chœurs à la tierce dans la plus grande tradition pop classique. Hormis ce morceau, l’album est l’œuvre d’un homme esseulé, qui s’épanche sur le morceau Before You Left sur un ton religieux (cordes, voix époussetée de tout effet superflu, sur un fond de bruit ambiant) avant de se ressaisir, d’assumer ces mots et de belles mélodies aquatiques (No Fear ou encore Dead Of Night). The March Of The Kings, après un long début instrumental au ton dramatique avec un violon et des bruissements de cymbales, prend une allure solennelle quand Quigley y joint son chant - magnifique malgré une fin honteusement tronquée. Et puis un dernier morceau qui reprend l’introduction, comme pour refermer la parenthèse sur une discographie qui s’écrit en pointillé, quand ce n’est pas à l’encre sympathique : Before You Left, un message secret adressé aux initiés.



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