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bifurcations
nonstop
nonstop / road movie en béquilles
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[autoproduction/DIVA - differ-ant]
mercredi 20 mai 2009.
Il est arrivé sans crier gare et avec un minimum d’informations. Choix artistique délibéré ou contingence matérielle, toujours est-il que ce deuxième album parait en autoprodution, malgré le succès (d’estime tout du moins) dont on avait bénéficié Road Movie En Béquilles sorti chez Ici d’Ailleurs en 2005. Alors autant dire que, lâché hors cadre, Frédo Roman qui préside à la destinée de Nonstop, n’a pas fait la moindre concession. J’ai Rien Compris Mais Je Suis D’accord ne souffre aucunement du moindre fléchissement par rapport à son prédécesseur, album coup de poing qui nous avait coupé le souffle. Ainsi, de prime abord, J’ai Rien Compris... s’applique à poursuivre la construction de l’univers barré de Nonstop. Certes, Frédo Roman a changé de "sparring partners" et on s’amuse/s’étonne de voir qu’aux côtés de son frère (déjà impliqué depuis le début de Nonstop), c’est Serge Teyssot-Gay (si, si, celui là même qui était membre du "plus grand groupe de rock français de tout les temps") qui assume les parties de guitares et que Henning Specht, croisé chez Hypnolove (plutôt tourné vers le dancefloor), est derrière les synthés. Mais l’évolution ne saute pas aux oreilles. D’ailleurs, on retrouve Arnaud Michniak, partenaire de longue date, impliqué dans le morceau le plus agressif de l’album : Robot A La Viande, taillé à la hache. Mais, au-delà de ces brulots qui hésitent entre hip-hop, slam et rock assassin, on note que le rythme se calme, laissant se dévoiler un volet plus introspectif, jusque là peu perceptible chez le toulousain. C’est ainsi que Plus On Me Rassure Et Plus Je Crie est vrillé par un riff de guitare mélancolique ou que On Va Simplifier La Vie et Les Matchs Nuls Arrangent Tout Le Monde frôlent le ton de la confidence. Nonstop entrebâille une fenêtre sur l’intime, mais revient vite entre dénonciation vindicative et absurdité perverse, quitte à quelques pantalonnades superflues (Bouffe Mon Beat). Mais c’est également ces injonctions stupides et ces dérapages électroniques (des sonorités débiles échappées d’un jeu vidéo, une rythmique musak, des breaks incessants, ...) qui font - aussi - le charme De J’ai Rien Compris Mais Je Suis D’accord. Quelques coups balancés dans le vent, la plupart assené à bon escient, ce deuxième album démesurément copieux (plus d’une heure, 13 titres, dont le 1er qui dure plus de 7 minutes... un vrai carnage commercial) reste l’œuvre d’un artiste aussi attachant qu’insaisissable. Nonstop ne laissera personne indifférent et chacun devra choisir - les plus obtus continueront de passer à côté, les autres iront fureter ici ou ailleurs pour se procurer le disque. ![]() |
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