zéro degré / des étoiles plein les yeux

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bifurcations
 
 


platine

takka takka / migration bear in heaven / beast rest forth mouth + remixed working for a nuclear free city / jojo burger tempest nacho umbert & la compañía  / ay...
[we are unique records/la baleine]
vendredi 20 mars 2009.
 
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Toute saison a une fin et ce triste hiver touche à sa fin, sous les premiers rayons du soleil printanier. Un peu d’optimiste, de légèreté, enfin. Du moins, est-ce ce qu’on croit... Et puis, on pose le premier album de Zéro Degré dans la platine. Play. Et c’est la tristesse qui surgit. L’émotion qui étreints. Des mots susurrés, des confidences, des questions ("Est-ce que parfois, par temps de neige, tu penses à moi ?", égrené la gorge nouée, alors qu’une guitare désolée flotte sur une rythmique au ralenti), il ne faut guère plus de quelques minutes pour que Zéro Degré s’immisce dans notre intimité.

Depuis des années Nicolas Tochet, bassiste de Melatonine (Décembre Est Un samedi - 2007), s’épanche en solitaire se livrant sans pudeur, sans filet - même pas celui de recourir à l’anglais. Non, Zéro Degré s’exprime en français, choisissant ses mots dans un chant lexical proche de celui de Novö ou Erik Arnaud. On retrouve ici la tension du 1er album d’Encre avec l’amplitude musicale d’Immune - pour rester dans les références françaises mais on pourrait citer ici aussi Arab Strap ou encore Mark Hollis, non pas pour flatter outrancièrement le messin, juste pour bien signifier la qualité du propos, planter le décor.

Forcément hivernal, le décor. Ce qui est remarquable, outre l’émotion ici dégagée, c’est que Des Etoiles Plein Les Yeux n’a rien d’un album éploré, d’un exercice d’un dépressif replié sur soit. Avec l’aide d’amis proches et d’invités talentueux, notamment Angil qui chante The Unsung Song, extraordinaire chanson digne de figurer sur Outside Closer (avis aux fans de Hood donc) ou encore Chapelier Fou, pensionnaire d’Ici D’Ailleurs, Zéro Degré mélange les styles, injectant une dose d’électronica à ces pièces post-folk - ou inversement. C’est ainsi que Le Choix contient une rythmique électronique dansante, en contrepoint de cordes insistantes, alors que la voix reste en arrière, désabusée. Ou encore, La Lie De La Société, probablement le morceau le plus enlevé de l’album, qui est orné d’un habillage synthétique prenant le dessus sur la mélodie. Ailleurs, c’est l’organique qui prévaut : cordes frottées, corde (vocale) nouée, guitares en mode mineure ou au contraire qui s’embrasse comme sur le morceau de fin.

Œuvre poignante et irradiante, Des Etoiles Plein Les Yeux bouleverse, avec ses phrases définitives, ses mélodies vicieuses. Le ton est juste, les mélodies renversantes. On regarde dehors... le soleil brille mais une brise légère nous fait frissonner.



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