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bifurcations
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dj spooky that subliminal kid
gilles deleuze
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merzbow / rattus rattus
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présences électronique du 9 au 12 mars 2006
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tibetan evening music
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v/a - forma.1.02
v/a - room 106
yoshihiro hanno / 9 modules +
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[sub rosa/tripsichord]
2004.
C’est un gros travail que celui qu’a fourni ici l’illustre Dj Spooky en se réappropriant l’intégralité du catalogue Sub Rosa pour aboutir à ce mix bariolé de 80 minutes, un voyage dans les dossiers éclectiques du label, orchestré avec un talent indéniable par Paul D. Miller, l’homme qui se cache derrière le pseudonyme. Dans cette bible musicale on peut croiser les noms d’artistes fondateurs, qu’ils soient musiciens, plasticiens ou écrivains. Dj Spooky télescope de façon fulgurante rythmes et mots, mélodies et voix d’horizons divers. De la rencontre de ces électrons libres percutant l’histoire des arts comme celle du monde naît un ensemble classieux et érudit, dont la valeur musicale n’est pas pour autant en reste. Scanner, Seefeel, Merzbow, Disjecta, Bill Laswell, Oval, Yoshihiro Hanno, David Shea, Matik, Mouse On Mars dialoguent musicalement avec Claude Debussy, Tibetan Evening Music, Patti Smith, le Scola Hungarica, toisés par les mots révolutionnaires et séminaux de Tristan Tzara, Antonin Artaud, Apollinaire ou encore Deleuze. Tout ce beau monde se relaie avec élégance tandis que Dj Spooky recrée à partir d’éléments communs ou disparates un fragment de l’histoire des arts, confronte les cultures et leurs richesses, monte une structure en rhizomes comme un filet où il cherche à piéger le temps, usant de ce qui lui résiste le mieux : l’art. Impossible de ne pas se sentir à la fois dérouté et ravi au milieu de ces sons, de ces ambiances contradictoires liées entre elles par le groove du Dj qui accommode à sa façon les ingrédients patiemment sélectionnés, utilisant son propre sens artistique comme liant à une galaxie de références. L’écoute s’en révèle d’autant plus agréable, et le monument ainsi ficelé tient bon. Les références sont trop nombreuses pour les énumérer toutes, mais elles révèlent en tout cas la quête d’un équilibre dans cet amalgame fondamental. L’aboutissement du projet : sans doute l’expression sonore d’une conscience universelle, prise à travers le filtre d’une individualité. De la musique expérimentale au folklore, de la musique électronique au classique, des percussions tribales aux voix lucides des écrivains de tous bords, on se promène dans un paysage où l’homme se rencontre enfin, sur la surface polie, humble et dérisoire, d’un disque de plastique. Quoiqu’il en soit, ce mix mérite une place d’honneur dans le grand musée symbolique de l’humanité. En brassant les ethnies et les époques, les talents qu’ils ont vu émerger, avec un sens contemporain du rythme, Dj Spooky voit loin et s’incline avec déférence face à ses prédécesseurs, dont l’héritage est un bien essentiel partagé par tous. Quelques écoutes suffiront à vous en convaincre : ce disque est un autre temple universel dédié au temps et à ce qu’il enfante. Et au fond, un excellent album, tout simplement. ![]() |
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