atlas sound / let the blind lead those who can see but who cannot feel

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[kranky/differ-ant]
dimanche 2 mars 2008.
 
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Deerhunter, quintette originaire d’Atlanta, avait été l’une des révélations de l’année 2007 avec la parution de Cryptograms, album mélangeant subtilement le krautrock, l’ambiant, le post-punk, le psychédélisme, l’indie rock.... Une réussite que le 4-titres Fluorescent Grey et ses chansons pop aux ambitions soniques avait magnifiquement confirmé. Mais très vite, Deerhunter annonçait une première pause dans son parcours, avant un nouvel album à paraître en 2008. Pour quoi faire ? Atlas Sound est la première réponse à cette question.

Toujours hébergé chez Kranky, Bradford Cox, leader de Deerhunter, nous offre une escapade auditive de haute volée avec la première sortie discographique de son projet solo Atlas Sound (après un remix pour Grizzly Bear, sur leur Friend EP). Là où la musique de Deerhunter est riche d’ atmosphères fortes, celle d’Atlas Sound a plus à voir avec les musiques pop/laptop de chambre, ces pièces personnelles et rêveuses qui hantent nos discothèques. Sans pour autant se départir du caractère schizophrènique et mélancolique du groupe originel.

Loin de Deerhunter, Cox livre un disque personnel qui semble synthétiser son histoire personnelle, de A Ghost Story à After Class. En introduction, A Ghost Story dévoile un univers enfantin : sample d’une histoire de fantôme racontée par un enfant, et mis en musique par un glockenspiel, quelques bruitages et craquements. Le titre sera, plus loin, envahi par une guitare traitée à laptop et transformée en une grande orchestration répétitive. L’orchestre de chambre ainsi échauffé, et un Recent Bedroom rock prend le relais, veine qui se perpétue sur River Card et ses allures de Pixies.

Mais ces deux sympathiques gourmandises auditives sont vite oubliées et on s’égare bientôt dans les électroniques Quarantined (et ses instruments africains traités) et On Guard (la voix de Cox, irréelle, haut perchée). Agissant comme une zone tampon, ces deux compositions nous emmènent plus avant dans l’univers sonore complexe du garçon, qui prend réellement de court son auditeur sur un Winter Vacation mi-expérimental, mi-variété, entre symphonique et 80’s, entre David Byrne et David Sylvian.

Cette étrange perplexité ne fera que se propager sur le reste de l’album, du minimal Cold As Ice à la guitare ensoleillée jusqu’à la base électronique et aux sonorités étranges de Scrapping Past, ou encore au shoegazing éthéré de Ready, Set, Glow. Des titres comme autant de bonbons amers, qui étourdissent et étonnent, et dont les thématiques tournent le plus souvent autour de la maladie et de l’isolement durant l’adolescence, une situation que Cox a bien connue. Il résulte au moins de ces choses peu agréables un disque thérapeutique et distordu, aux mélodies obsédantes et aux ambiances contrastées, entre drones inhospitaliers, méditations ambiantes, beats technos et guitares traitées.



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