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[chief inspector/abeille musique]
mercredi 3 octobre 2007.
Pour le moins éloigné des sorties traditionnellement plus orientées vers le jazz que sont celles du label Chief Inspector, le premier album de Centenaire n’est pas à une surprise près. Par exemple, le groupe intègre des musiciens habitués à des structures parisiennes plus pop/expé/électroniques (Active Suspension & Clapping Music) : Damien Mingus (My Jazzy Child), Axel Monnaud (Orval Carlos Sibelius), Stéphane Laporte (Domotic) et Aurélien Potier (Section Amour, Concertmate). Car si Centenaire semble avoir vu le jour à la suite du projet Orval Carlos Sibelius, qui regroupait déjà Mingus, Monnaud et Potier, il constitue une véritable nouvelle étape pour ces musiciens lettrés, qui quittent ici leurs domaines de prédilection respectifs et s’inventent une voie rafraichissante entre folk anglais, psychédélisme et rock progressif. Ici, leur passif est sans conséquence... Au moyen de guitares, d’un violoncelle, d’une clarinette, d’un orgue, d’une batterie et d’une sorte de mini-guitare (le charango), la musique de Centenaire s’est bâtie au fur et à mesure d’improvisations, au cours de séjours bucoliques. Offertes dans ces écrins, et placées sous l’influence tutélaire de figures telles que Robert Wyatt, Pentangle et autres musiciens anglais apparus au cours des années 70, ces improvisations présentent une apparence quelque peu poussiéreuse, mais composent un univers qui devient rapidement confortable et sympathique. Et de saison : les musiques néo psychédéliques de groupes aussi variés qu’Espers ou Animal Collective ont remis au goût du jour des sonorités enfermées depuis bien longtemps dans de veilles malles. Les quatre musiciens ont mis en branle ces quatorze compositions de folk progressif aux harmonies surannées, aux sonorités mystérieuses et anciennes, aux discrets accents de jazz, dont ils ont volontairement limité l’enregistrement à son plus simple appareil, et la post-production à un seuil minimum. Avec une étonnante agilité, leurs créations souples et complexes s’écoutent avec beaucoup de facilité, évoluent en toute liberté au-dessus de ses genres, faisant fi des limitations pour mieux se laisser emporter... Dans une ferme de la campagne anglaise, chaleureuse et régulièrement fascinante. ![]() |
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