|
bifurcations
aMute
aMute
aMute / infernal heights for a drama
aMute / the sea horse limbo
arden / conceal
immune remixé
silencio / where you are and where you want to be
v/a - saturday morning empires
intr_version
avia gardner / mill farm
avia gardner / more than tongue can tell
désormais
désormais / climate variations
désormais / dead letters to lost friends
désormais / iambrokenandremadeand...
nouveau site pour le label intr_version
un nouveau distributeur, cod&s
vitaminsforyou
vitaminsforyou - free fill specter
vitaminsforyou / i’m sorry for ever and for always
vitaminsforyou / the legend of bird’s hill
joshua treble / tony boggs
|
[intr_version/mochi mochi]
2004.
Si Dominique A était une ville, Autour de Lucie serait un arbre : "Je suis à la même place / Celle où tu m’as plantée / Depuis des feuilles m’ont poussé / Au bout des mains..." Les arbres occupent décidément une place à part dans notre imaginaire. L’arbre donne le bois, matériau combustible et de construction, mais aussi le papier ; il héberge les oiseaux, plonge ses racines dans le sol et s’élève vers le ciel... C’est un symbole très fort, un symbole progressif et rassurant, un pont entre les âges. Et aMute en a réuni pas moins de 100 - "secs" - pour constituer son premier album. Mais contrairement à la troupe précitée, habituée à ces bois agglomérés à la mode qui décorent les boutiques Habitat, la musique d’aMute est faite d’une seul bois : celui qui, de Fennesz à Désormais et Tim Hecker, en passant par Greg Davis (un arbre ornait d’ailleurs la pochette d’Arbor) et même par Hood (justement), a l’authenticité de la forêt sans pour autant sentir le sapin. Avec ce premier album aMute dévoile une identité particulière, une personnalité musicale faite de contrastes en collision. Il joue vraiment de la guitare et égrène les notes claires d’un post-rock mélancolique. Certaines mélodies, on les connaît déjà. Elles ont toujours été là, à l’intérieur des arbres. Des mélodies qui parfois surplombent, parfois se noient, dans un bouillon numérique (bois sec crépitant et le vent qui s’engouffre dans la cheminée), fusion de textures informatiques ambiantes et instables. Sa guitare métallique est prise au piège d’une laptop affûtée, au grand air de souffles digitaux ou dans le confort douillet d’une chambre à coucher. D’autres fois, elle entre en fusion avec ces éléments numériques pour ne former qu’une onde, fluctuante, puissante. aMute est-il cet arbre sec qui orne la couverture, cet arbre triste et noir, isolé ? Est-ce l’arbre qui cache la forêt ? "Je suis un arbre sec / Je suis un astre mort / Une rivière gelée / Un fantôme de port / Où chavirent les navires / Qui ne savent plus partir / Une carcasse vide / Que l’on appelle un corps", dit une vieille chanson. C’est une des multiples sensations qui me parcouraient en écoutant ce premier disque incandescent signé aMute.
Après cette promenade champêtre, en pleine montagne, Five Points Fincastle aurait pu avoir l’air d’une nième relecture bien palote d’Oval. Mais ce second album de Joshua Treble (qui partage avec Mitchell Akiyama (Intr_Version) les rênes de Désormais) est suffisamment facile (d’écoute), intelligent et sensible, pour ne pas passer inaperçu. On retrouve d’ailleurs Désormais à la production de The Distance Between Us In Km, titre étiré et abstrait, qui renvoie sans doute à cette collaboration (Akiyama à Montréal, Treble à Cincinnati). Five Points Fincastle évoque un My Bloody Valentine remixé par Ekkehard Ehlers, une relecture du shoegazing comme Fennesz a relu la beach pop avec Endless Summer, ou, à une échelle moindre, VitaminsForYou avec l’indie rock. I Was There For The Last Kiss But Never Saw The Ambulances Leave est à ce titre une jolie merveille, profitant de la douce voix d’Ava Gardner, Jenna Robertson. Au cours de toute cette aventure, Treble fait preuve d’un talent peu commun dans l’art du collage, s’applique à additionner les couches, créant des structures denses mais aérées (par des guitares, batteries, clics etc.). Effervescent, planant, Five Points Fincastle flotte quelque part pas loin du septième ciel. ![]() |
![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |


























