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jeudi 10 mai 2007.
On sait l’homme iconoclaste, délicieusement surprenant, fantasque et généreux. Et malgré cela, Angil nous surprend encore avec ce Oulipo Saliva, bien loin de Teaser For : Matter son premier album, sommet pop-folk de l’année 2004, ou encore du captivant projet hip-hop réalisé avec BROADWAY sous le nom de The John Venture. Mickaël Mottet, de nouveau entouré et servi avec justesse par le collectif Hiddentracks, s’est imposé quelques préceptes, plutôt déroutants, mais qui, chez lui, le poussent un peu plus encore à l’excellence. Ainsi, sur cet album baptisé en référence à l’Ouvroir de Littérature Potentielle fondé en 1960 par Raymond Queneau, le stéphanois s’est lancé comme défi de ne pas utilisé la note "mi" (trop dur à jouer au saxophone !) et sans la lettre "e". Autant de contraintes exploitées à merveille, tant Oulipo Saliva transcende tout carcan. Angil a choisi une orientation périlleuse, faisant fi du format chanson, recourant à une instrumentation certes variée mais assez dépouillée (peu de rythmique, recours à l’électronique réduit au minimum, quasiment pas d’effet sur le chant). A l’exception de l’explosion sonique You Most (Third Part As Far As I Know) (morceau de bravoure jouissif en fin de parcours), ni foisonnement, ni superflu, juste les quelques notes choisies méticuleusement pour édifier des architectures en équilibre précaire. Impossible de trouver de filiation évidente à cet album qui fait le grand écart entre jazz et hip-pop. Un disque d’une cohérence inouïe, en marge de tout, sauf de l’excellence comme le morceau In Purdah, tube à tiroirs, ou encore le quasi-mystique Kids. Mickaël Mottet chante comme jamais, que ce soit dans un registre mélancolique ou plus narquois (Final List pour achever l’album sur une belle litanie de "fuck"). On savait Angil talentueux et généreux. Mais nous étions encore bien en deçà de la réalité. ![]() |
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![junior boys [eng]]( IMG/arton1135.jpg)