the besnard lakes / are the dark horses

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[jagjaguwar/differ-ant]
samedi 17 février 2007.
 
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Après un premier album à la diffusion ultra-confidentielle, le secret The Besnard Lakes semble bien sur le point d’être largement médiatisé. Et pourtant, à bien y regarder, ce collectif canadien affiche de prime abord tout ce qu’il y a de plus douteux : une appétence psychédélique de tout les instants (il fallait oser le solo de guitare sur And You Lied To Me), un petit air bancal qui force la comparaison avec les compatriotes désormais populaires The Arcade Fire, des débordements guitaristiques qui évoque The Smashing Pumpkins à leurs débuts (Devastation), un chant masculin haut perché tandis que la voix féminine va chercher dans les graves ce qui permet de faire autant penser à Low (le chant à l’unisson ?) qu’aux Bee Gees...

Sur le papier The Besnard Lakes Are The Dark Horses fait peur. Mais la réalité est tout autre.

Ce collectif fondé autour de Jace Lasek et Olga Goreas est le creuset d’une bonne douzaine d’artistes (dont certains ont participé aux disques de The Dears, Godspeed, A Silver Mt Zion ou encore Stars), la configuration changeant d’un morceau à l’autre (de l’intimité du duo à... l’orgie avec 14 musiciens). Un grand raout pour brasser les influences. Un formidable navire pour braver les styles. D’abord, saluons la production magistrale du couple central : on entend ici chaque pincement de cordes, chaque crissement de crin et glissement de doigt, avec une précision diabolique alors qu’une multitude d’instruments intervient. L’équilibre est parfait entre la puissance des guitares et les arrangements soyeux, entre les chœurs 60’s et la batterie volontiers furibarde. Les compositions de The Besnard Lakes sont complexes, protéiformes, mais il s’en dégage une évidence mélodique, une capacité à transporter. For Agent 13 débute sur un ton folk acoustique pour finir en envolée épique, poignante, étranglée. Because Tonight sonne comme si Low avait entrepris une reprise de Fleetwood Mac. On pense à un morceau des Beach Boys revisité par les seigneurs du post-rock. On pense... et on s’y perd, s’abandonnant à nos pensées brassées par les mélodies. La musique des canadiens se suffit à elle-même. Un album fichtrement ambitieux, très haut perché mais en parfait équilibre.



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