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bifurcations
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kranky
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kranky
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[kranky/differ-ant]
mercredi 20 décembre 2006.
Avec Harmony In Ultraviolet, le canadien Tim Hecker publie un sixième manifeste qui creuse le même sillon abstrait et numérique. Celui qui s’était fait connaître via son projet de dub minimal et électronique, Jetone, avant de nous embarquer dans des univers plus conceptuels et régulièrement inhospitaliers via plusieurs albums, paraissant sous son propre nom, sur des structures comme Alien8 ou Mille-Plateaux, est donc de retour sur Kranky avec ce nouvel album de quinze titres et presque cinquante minutes, qui alterne courtes intermèdes et longues élucubrations. En fait, ce Harmony In Ultraviolet n’est qu’une longue et même composition, riche de textures bruititstes, de millefeuilles sonores, de guitares traitées, quelques traces de piano, et s’apparente à un grand bouillon electro-acoustique, rêche et hostile, qui inspire plutôt apathie et abattemment. Une escapade dépressive mais pas indolente, et globalement moins noire que le non moins réussi prédécesseur Mirages.
Autre nouveauté chez Kranky : Thomas Meluch aka Benoît Pioulard, dont la musique s’apparente au mouvement folktronica. Pioulard écrit de vraies chansons à la guitare folk, qu’il chante, et arrange joliment à l’aide de glockenspiel, mais aussi et surtout des fields recordings et des nappes texturées qui délayent le classicisme de la composition originelle dans un kaléidoscope étrange et flou. Parfois tendant davantage dans un camp que dans l’autre (folk ou ambiant), ce premier album, Précis, reste dans sa majorité en équilibre sur une ligne gracieuse tendue entre les deux genres. S’il s’inscrit dans une veine néofolk très actuelle, il soigne néanmoins sa vraie fausse originalité par une maîtrise certaine. Surtout, Benoît Pioulard réussit, sans difficulté aucune, à nous hisser à bord de son arbre pour nous faire traverser en sa compagnie ses chansons champêtres et fantomales : le disque gagne, au fil des écoutes, un attachement qu’on n’aurait pas parié à la première. ![]() |
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